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FOCUS SUR DE

GRANDS ENJEUX

GBO Arguments spécial élections

mai 2018

Et le cinquième jour, le MG se ressourça

Les plus jeunes ont une propension à (essayer de) panacher leur activité, à faire autre chose que de la médecine

omnipraticienne toute la semaine. Par exemple, se lancer dans des pratiques plus spécifiques (travailler avec les

toxicomanes, en planning, en médecine scolaire, carcérale…), s’adonner à la recherche, contribuer à la réflexion

sur le système de soins, les politiques de santé, se lancer dans la défense professionnelle…

Le GBO estime qu’il faut réfléchir à la façon de donner aux généralistes la possibilité de s’investir dans ces autres

créneaux, à raison d’un jour sur les cinq jours ouvrables de la semaine par exemple.

L

a médecine générale s’extirpe de l’ère du pa-

pier pour plonger dans l’ère numérique. Vous le

savez, en 2021, le DMG sera pour tous obliga-

toirement informatisé (c’est déjà le cas depuis le 1

er

janvier 2017 pour les nouveaux MG).

Toute cette digitalisation et ces NTIC au sens large,

en ce compris la robotisation et les applications de

télémonitoring vont, inéluctablement, faire évoluer les

pratiques médicales. Le défi est de cadrer leur essor et

de s’efforcer que toute la population (et tous les pres-

tataires !) en profite et pas seulement les plus aisés.

Si les généralistes ne sont pas, à l’heure actuelle, sa-

tisfaits du fonctionnement d’une série de services et

d’outils d’e-santé, ils ne remettent pas en question

une

informatisation qui se développerait au bénéfice du

médecin

(par exemple par allégement de sa charge

administrative)

et au bénéfice du patient

(par exemple

en termes de qualité des soins grâce au partage de

données complètes et actualisées).

Mais est-ce bien vers cela qu’on tend ?

Quelle

finalité les autorités prêtent-elles à la dynamique

lancée ?

Veulent-elles une informatisation de la santé

pour être « de leur temps », pour pouvoir clamer

que la Belgique est une

Digital Health Valley

? Où

sont les gains pour la médecine, pour l’

outcome des

soins

? Où sont les garanties en matière de protec-

tion des données ? L’informatique est-elle au service

du médecin, ou l’inverse ?

Le GBO demeure vigilant à ce que la valeur ajoutée

de l’e-santé telle qu’attendue côté médecins prenne

bien corps, à ce que ceux-ci ne soient pas les pions

d’un agenda politique.

Le GBO pense que la machine et les multiples formes

de télémédecine ne remplaceront jamais, totalement,

le praticien de chair et d’os…et de cœur. Si tant de

Belges vouent une telle confiance à leur médecin trai-

tant, c’est sans doute parce qu’il y a encore rencontre

physique avec lui, le bon vieux colloque singulier.

Non seulement le médecin de famille ne sera pas

renvoyé au vestiaire par l’écoute virtuelle mais, au vu

des évolutions démographique et épidémiologique,

il faudra proportionnellement plus de MG à l’avenir

– certains auteurs

1

parlent d’une part souhaitable de

65% de généralistes dans le corps médical.

A ces besoins augmentés s’ajoute un paramètre essen-

tiel, à intégrer dans l’équation de la planification : les

nouvelles générations ne travaillent plus 12 heures par

jour. Elles revendiquent, à juste titre un équilibre entre

boulot et vie privée. Moralité,

il faudra plus de bras

pour assumer le même volume de travail qu’autrefois

.

1. Guy Vallancien, La médecine sans médecins, Gallimard, 2015

L’AVENIR PASSERA PAR LE NUMÉRIQUE

(

MAIS…)